Шнеур Залман Евгения Шлосман Василий Когаловский Creative Commons Attribution 4.0 International License

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Перевод с иврита на французский язык показаний Шнеура Залмана; имеются расхождения с черновиком перевода на русский язык в документе 289 и, в меньшей степени, свободным переводом на русский язык собственноручных показаний Шнеура Залмана 059-ru

1 ноября 1798 года

Julian calendar

Перевод с иврита на французский язык показаний Шнеура Залмана; имеются расхождения с черновиком перевода на русский язык в документе 289 и, в меньшей степени, свободным переводом на русский язык собственноручных показаний Шнеура Залмана 059-ru

Дата: 1798-11-01 Кто: Шнеур Залман Кому:
63. Переводъ съ еврейскаго языка показанія начальника каролин- ской секты еврея Боруховича 1

Selon ce qu'on entend; certainement il y avoit déjà un examen à Minsk par devant le gouvernement, et que là on a déjà éclairci, que tout est la même loi, religion, ceremonie, et qu'il n'y a pas de nouvelle loi, Dieu garde! Seulement pour satisfaire à l'ordre des seigneurs |: du gouvernement :| et pour decouvrir le fond et le contenu de cet objet, il est de toute necessité d'être un peu prolixe. Qu'ils le pardonnent par leur grâce et bonté!

1e Ce qu'on appelle en langue Russe dans notre province богомолецъ, tout le peuple Juif se partage chez nous en deux objets.

Le premier: c'est l'étude et la recitation de la bible, les prophetes, le Talmud, Me- drachins, et leurs commentaires et de- cisions, lesquels parfois les racourcissent et d'autres fois y ajoutent pour bien expliquer toutes les legislations du Talmud; et pour cela, nous avons plu- sieurs centaines de livres, qu'on com- pose dans chaque siecle; et pour at- teindre à la fin de cette étude, il faut avoir un jugement |: penetration superieure:|

63 об.

Le second: c'est la priere. Celui qui possede la moindre science ou est un peu instruit, peut aussi prier comme il faut, avec toute la ferveur du couer; car toutes les prieres tant en leurs de- tails qu'en general, sont composées des chapitres et des vers des pseaumes de Roi David et d'autres prophetes. Tous sont à la louange du Créateur vivant éternellement; sut sa puissance et son regne sur des miriares des anges dans le haut des cieux, qu'il vivifie tous; que toute l'armée celeste s'humilie de- vant Lui: tant sur la terre que dessous, la terre il n'y a d'autre que lui: qu'il instale des Rois, mais à lui la Royau- té, aussi bien que le souvenir des gra- ces que le creatuer avoit fait pour nous en nous retirant d'Egypte. Pour ces raisons il nous convient d'aimer Dieu de tout notre couer, ame et biens, de la profondeur du couer, ainsi que de craindre Dieu et d'observer tous ses commandemenscommandements qu'il nous a impo- sés tant pour nous abstenir - du mal qu'aussi pour faire le bien, et, ce qui est agreable à Dieu et aux hommes, d'être bons pour le public en general, et en particulier pour celui qui nous fait du bien en tout, avec tout et de toutes choses, et qui nous defend 64. sous l'ombre de ses ailes, le miseri- cordieux Emprereur; que sa gloire soit elevée et sa royauté prospere de plus en plus! - de n'être point ingrat dont Dieu nous garde. Aussi est ce l'honneur du Createur qu'on le nomme Roi des Rois, par parabole. Comme l'hon- neur d'un Roi sera plus grande, quand il regne sur des grands Seigneurs, que quand il regne seulement sur le bas peuple: c'est ainsi à l'honneur du Cre- ateur qu'on le nomme Roi des Rois, et c'est ainsi que les talmudistes nous commandent: Priez Dieu pour le bien des Rois.

2e La priere avec ferveur, c'est un se- cours et soutiens de l'homme pour resi- ster aux mauvaises volontés et desirs tout le jour, et même après la priere pour observer les commandemenscommandements de Dieu, soit pour s'abstenir du mal, soit pour faire le bien; car le souve- nir lui en reste tout le jour dans sa cerveille et dans son coeur, mail celui qui ne prie point avec ferveur, quoiqu' il étudie tout le jour le Talmud et les autres livres, peut être qu'il observera ce qu'il s'y aprrend, peut être ne l'ob- servera-t-il pas, et il lui peut bien arriver par fois de transgresser les 64 об. commandemenscommandements de Dieu, et quand même cela ne lui arrive point, pour- tant il n'est pas bien, qu'en priant, où Dieu est present, et en pronon- çant: benis sois tu Dieu, le coeur pense à ses affaires et aux choses mondaines: Durant toutes les prie- res qui sont très longues, quand on ne s'accoutume point à cette ferveur, on pense toujours à d'autres choses.

3e Cette ferveur durant la priere, il faut l'apprendre d'un homme sage, raisonable, pour faire concevoir à un cha- cun, selon qu'il peut l'entendre, le sens de la priere et où elle tend, les gran- deurs du Créateur, ses bienfaits et l' amour de Dieu; car dans les paroles des prieres tout est annoncé en abregé, très court à l'instar des prophetes qui se sont enoncés en peu de mots. Une seule parole contient et est sujete à plusieurs explications, comme cela est connu à ceux qui sont versés dans la bible et les prophetes; c'est pour cela que le devoir de ceux, qui le savent et qu'on nomme Rabins, est de l'expliquer et d'en instruire ceux qui ne le savent pas, leur tenir des sermons de penitence pour exciter leurs coeurs à s'humilier devant Dieu, à supplier le pardon de 65. leurs pechés avec ferveur du coeur; car l'intention de nos |: du peuple Juif :| prieres, c'est de supplier la misericorde de Dieu sur nos pechés, aussi que sur les autres necessités du genre humain, comme de se guerir d'une maladie, de gagner sa vie etc. Toutes ces choses se trouvent écrites dans le Talmud, Medrachims et leurs explicateurs. Tout le monde n'y est pas versé; ainsi il faut l'apprendre d'un tel qui y est versé et qui l'entend.

4eme De tout tems c'étoit la coutume en temps tems Isrqel, d'avoit de ville en ville deux grandes maisons destinées pour les prieres, sous les noms: de Beth Haс neset temple, maison à prier, et Beth Hamedrach, maison de recherche, ou de contemplation. Le temple étoit pour le peuple, qui empeche tout le jous par ses affaires et dont la plu- part est sans education, ainsi ne sait il pas prier avec la ferveur. Ils s'y assemblent seulement trois fois par jour, pour reciter verbalement la prie- re. La maison de recherches est pour les instruits, pour y prier avec une ferveur du coeur plus étendu, selon ce qu'où chacun est porté par son esprit et par son coeur. 65 об. Et dans les livres écrits, il y a déjà plus de deux siecles passés, il est dit qu'a ce tems là chaque jous on passait plus de deux heures à la priere du matin, à cause de grandes ferveurs du coeur.

5. Mais après ce tems il se trouva chez nous des Rabins non compettans. Ils temps tems ont acheté ou pris en ferme le rabinat pour une somme, accordée dans toutes les villes de la Pologne, car les Rois fermoient les yeux, et les Seigneurs pour gagner de l'argent, donnoient un contract qu'on nomma connoissement à ce Rabin dans sa ville, pour qu'il regne sur tous les Juifs qui s'y trouverent et decide tant ce qui touche les loix et les procès, selon que bon lui semblera, quand même qu'il n'avoit point étudié et n'etoit point versé dans la justice, de même en ce qui touchoit les prieres, il n'étoit pas permis de les commen- cer avant l'arrivée du rabin, quand mê- me il tardoit jusqu'à midi: de sorte que les habitants de telle ou telle ville étoient forcés par le seigneur de donner un diplome au Rabin.

6. Ces Rabins instalés par les seigneurs ne voulant point se fatiguer de prier avec ferveur, et ne voulant point se 66. deshonorer non plus devant les yeux du peuple, ils commencent pour de- grader la dignité de la priere, et pour élever la valeur d'étudier le Talmud, de lire même durant le tems à prier, et dès que la priere étoit finie, ils expli- quoient le Talmud à leurs disciples avec toutes ses finesses et pointes pour faire parade de leur sagesses et pour dadgner un grand nom dans les pays. Pour cette fin ils expedioient la priere avec vitesse et sans ferveurs, et par là ils ont en- trainé après eux tous ceux qui savoient prier avec ferveur, soit crainte; soit flatterie pour le Rabin, car c'étoit lui qui regnoit dans la ville. Seulement une pognée des élus dans chaque generation prierent encore avec fer- veur, et de tout tems on les appeloit du nom Hasidim.

7. Jusqu'à ce que Dieu par ses graces eveilla les bonnes volontés de l'Im- peratrice des Russies de s'étendre et de regir la Pologne, et même avant que le dernier de Rois monta sur le trône, elle commença d'abattre peu- à-peu le pouvoir des Rabins tomba tout à fait, surtout dans la Russie blanche, par un ordre severe, qu'on 66 об. nomme ukaz pour restreindre et defondre à ces Rabins de ne plus acheter le ra- binat de seigneurs; par cet ordre tout le peuple étoit delivré et devenoit libre dans les provinces Russes. Il est donc permis et laissé à la volonté d'un cha- cun, de prier aussi long tems que bon lui semble, soit en particulier, soit dans l'assemblée eu Beth Hamedrach |: maison de recherches:|, et personne ne les empeche.

8. Cette incitation pour prier qui s'est eveil- lée parmi nous, depuis l'époque ci-dessu mentionnée c'est-à-dire, depuis le par- tage, se trouve aussi en usage en quel- ques villes même parmi les jeunes gens au dessous de 25 ans: car ces gens étant encore nourris dans la maison paternelle, n'ayant point de soucis, sont à leurs études et encore éloignés de choses mondaines; mais les vieux fa- tigués y sont empechés pour vaquer à leurs affaires et les choses mondaines, et il leur est difficile de prier avec fer- veur, excepte les jours des fêtes et du Sabath, ou les jours ouvriers quand il sont desoeuvrés. Les jeunes gens quand il prient avec ferveur, leur bouil- lante et fatiquante jeunesse les pousse à faire des gestes avec les mains et les pieds et des mouvemens extraordinaires, 67. sans y penser et contre gré; aussi cela arrive-t-il pareillement par fois aux plus vieux, mais non pas à tous; comme aussi en d'autres cas, quand un homme parle, dans la chaleur du coeur, il fait des mouvement et gestes avec les mains et les pieds, chacun selon son naturel, fut-il en colere, ou dans la joie, il bat des mains, et c'est de même à la prie- re avec ferveur; seulement un peu d'une autre manier.

A cause de ces mouvemens quelques uns de nos antagonistes l'ont jugé chose nouvelle, que nos ancêtres ne connoissoient pas; mais la verité est que ce n'est point chose nouvelle, car c'étoit ainsi de tout tems quand on prioit avec ferveur; comme il est écrit |: Nehemie chap.8 v.6 :| „Et tout le „peuple crioit amen! amen! en haus- „sant leurs mains„ de même le Roi David dansoit et sautoit etc. devant l'arche du Seigneur |: Samuel 2. chap.6. v.5. et v. 14. 15. :| Si c'étoit une intro- duction nouvelle, tous feroient des mou- vemens egaux, mais il y en a qui n'en font point du tout.

9. C'est averé dans toutes les religions du monde comme une chose impos- sible, que tous les adherens soyent 67 об. egalement adonnés à la stricte observan- ce de toutes les particularités._ Chez nous c'est de même._ Quoique delivré de ces Rabins, pourtant il se trouve beuacoup des gens en état de prier avec ferveur, mais ils ne le veulent point par paresse; car en verité c'est grande peine et fati- gue, plus penible et plus fatiguante que l'étude du Talmud; d'autres ne le font point par honte, pour ne pas faire croire que c'est pour chasses les idées heterogenes qui viennent les troubler - ainsi ceux qui s'efforcent de prier avec ferveur sont le nombre la plus mince à raisdon du reste de la foule. Le peuple dans toute la Russie blanche, Pologne et Lithuanie les appelle du nom Hasi- dim quoique ceux d'à present ne les font pas tant que leurs predecesseurs.

10. Seulement les juifs de Wilna et ceux qui se trainent après eux, nous ont donné le sobriquel de Carolins et non pas Hasidim à cause d'inimitié et de haine; car ils ne veulent point se fati- guer aux longues prieres avec ferveur par leur paresse, et comme ce sera des- honneur que la foule dira d'eux qu'ils sont paresseux au service divin, et sur- tout qu'il y avoit parmi eux ce grand Rabin. C'est pour cela qu'ils calomnient 68. ceux qui prient avec ferveur et inventent des fortes mensonges. Il rst connu à tous nous freres en Israel qui demeurent dans la Russie blanche et en Pologne que les enfants ne volent point l'argent à leurs parents pour le porter au Rabin, et que le Rabin l'accepte |: Dieu garde d'y penser :|; de même tout ce qu'ils disent ce sont des mensonges accredités seu- lement par des ouir dire de la part des menteurs, et non pas par temoignage oculaires; et parce qu'ils savent eux mêmes, que toutes leurs raisons sont fausses, c'est pour cette raison qu'ils le cachent sous une autre, en disant que c'est une religion nouvelle |: Dieu garde de la penser telle :|. Tous cela a été inven- té là depuis peu, à cause des querelles et discordes entre le Kahal, comme il est connu à tous, que de tout tems ils ont été querelleurs, et même à Vilna la plus parts des incoles sont de notre par- ti, seulement qu'ils craignent de se dé- couvrir de peur pour le Kahal, qui regne par la main forte, et par le pou- voir qu'il s'est approprié dans le royaume de Pologne.

11. C'est la coutume dans toute la Po- logne, Lithuanie et Russie de tout tems et du tems jadis qu'on instaloit dans chaque ville et ville un homme sous le titre Magid |: predicateur :| 68 об. pour qu'il preche et explique dans la maison d'assemblée au peuple la bible, la crainte de Dieu et un peu de morale, alternativement d'un Sabath à l'autre |: en polonois Kazania :|; mais à present il n'y en a plus tant par le changement du tems; pourtant il y en a encore en beaucoup de villes de ces predicateurs; mais comme les talent ne sont pas ega- lement distribués, il y ena plusieurs grades. Celui qui sait expliquer et precher au mieux, on l'appelle dans une grande ville, et celui que en sait moins, est pour une petite ville. Encore les sermons d'un pre- dicateur ne ressemblent point à ceux d'un autre, quoique tous puissent leurs discours dans les livres que se trouvent sous mains d'un chacun; purtant tous les esprits ne sont pas égaux comme de même la capacité de la diction |: re- torique :| pour bien s'expliquer; un cha- cun parle selon son esprit et selon sa façon de parler. C'est le même cas chez Vous, comme on le dit.

12 Et à present c'est le même cas aussi chez nous. Comme ils se sont multipliés ceux qui veulent prier avec ferveur, il leur faut beaucoup de cette morale necessaire dans les prieres adressées à la toutpuis- sance du Createur pour demander les 69. grâces; c'est pour cette raison qu'on a aug- menté les predicateurs, que nos antagonistes appellent du nom de nouveaux rabins, mais en verité ils n'inventent rien de nouveau |: dieu garde :|; ils prechent seu- lement ce qu'ils puissent et choisisent dans les livres et dans les anciens prédicateurs, mais ils |: antagonistes :| les jugent nou- veauz par rapport aux autres predica- teurs du Kahal, qui ne prechent point sur ce sujet de la priere avec ferveur et pureté de coeur, et pourtant ces Rabins ou predicateurs, qu'ils regandent comme une nouveauté, possedent beau- coup de talents, selon les derges de leur esprit et capacité pour tirer de ces livres la morale necessaire à la priere, comme aussi la puissance du créateur, l'amour, la crainte de Dieu et le sens de la priere par une ample explication en diverses manie- res, telle qu'on la trouve dans les vieux tems; parcequ'un Rabin ne ressemble point à un autre de même que les predicateurs du Kahal. Quand même jene connois pas bien le chef des Rabins, et moins encore tout ceux qu'on regarde comme nouveaux dans l'Uc- raine, Volhynie, et autres provinces et je n'ai rien écouté de leurs sermons, 69 об. pourtant me semble-t-il, que le sujet en roule sur la pureté du coeur envers Dieu et son prochain, comme le sont nos sermons; seulement qu'ils diversifient dans l'art de s'enoncer.

13. Beaucoup de ces gens qui ne veulent pas de longues prieres à cause qu'ils n' ont point de loisir, aiment mieux écouter mes sermons que ceux des predicateurs du Kahal; car tous leurs discours sont compris dans les miens, mais plus rai- sonnés, par ce que je les ai puisé dans plusieurs vieux livres, parfois aussi un peu des livres cabalistiques, autant qu' on peut faire entendre à celui qui a étudié les livres qui traitent de la Cabale; aussi beaucoup de gens qui ont eu de procès en affaires d'argent et qui n'aiment pas les procès, ils se fient à la droiture de mon coeur, pour faire un accord entre eux et de s'accorder de bon grès sans la moin- dre violence ou forse, car je n'ai point de pouvoir moi; ce sont les seigneurs du gouvernement qui one la pussance de l'Empereur |: Dieu éleve sa gloire :| même en affaires de religion, si on trouve que je fasse quelque chose hors la regle.

Après les avoir accordés ils deposent chez moi des blancs pour y écrire les lettres de change payable aux termes selon la convention faite entre les parties; 70 en tout cela ils ont confiance à moi, que je les rendrai à celui à qui il appartiennent soit en blanc soit lettre de change, car je suis renommé homme accredité et inté- gré dans la province de la Russie blan- che chez tout le peuple et les seigneurs, et je supplie notre très gracieux Empe- reur d'ordonner sur cela une recherche |: слѣдство :| dans toute la Russie blanche.

14. A cause de tout ceci tomboit sur moi l' envie et l'intimité dans les coeurs de quelques envieux, qui enventerent sur moi beaucoup de fortes mensonges, dont la fausseté est connue dans toute la province de la Russie blanche et par- ticulierement dans Lozna et Witebsk, où je fus élevé depuis le jour de ma naissance jusqu'à aujourd'hui: car né à la Lozna j'ai demeuré là jusqu'à ma 15, ou 16me année; alors je me suis marié à Witebsk, où j'ai demeuré environs 17 ans; après cela j'ai passé deux ans à Horodok et à present je suis passé quinze ans à Lozna et tous tomoigneront et declareront mon integrité et la bonté de mon coeur avec Dieu et les hommes, qu'il n'y a aucune fausseté dans ma bouche |: Dieu garde :| et je ne sais, en quoi 70 об. j'ai peché ou me suis rendu coupable, qu'on m'a emprisonné ici; si c'est à cause de mes sermons, je n'ai aucune jouissance de ceux qui viennent chez moi |: pour les écouter :| car ils ne me donnent pas même une obole, quand ils arrivent dans nos demeures: au contraire c'est pour moi grand creve-couer à cause de l'envie, mais que faire? C'est un devoir dans nos loix. que celui qui est instruit c'est obligé d' instruire ceux qui ne le sont pas, et c'est pour cette raison, comme j'ai exposé ci-dessus, qu'on a des prédicateurs dans chanque ville, et comme aussi moi qui le fus nommé par le Kahal depuis longtemps, et si notre très gracieux Empereur pour- roit croire que c'est une loi nouvelle |: Dieu garde :| qu'il ordonne par ses graces et sa grande bonté de faire examiner et recher- cher et enquerir beaucoup des Juifs sages et sabans qui ont écouté mes ser- mons et à leur tête les seigneurs du Gouvernement nommés par notre très gracieux Empereur, sur ce qui touche les loix juifs; et tous temoigneront que mes sermons ne traitent que de la pureté du coeur envers Dieu et le genre humain, du devoir de s'abstenir du mal et de faire le bien, et d'obser- ver les commendements de nos loix, que notre très gracieux Empereur 71. nous a donné la permission d'observer et d'en instruire les autres.

15. De même la priere avec ferveur, elle est du commendement de Dieu dans la bible, les prophetes et le Talmud, et nous prions avec les mêmes for- mules que tous les Israelites; et ce sont les premiers fondements chez nous aussi; seulement parfois on y ajoute d'après la cabale des mots, chapitre ou vers de pseaumes, et cela n'est pas une loi nouvelle, car en beau- coup d'autres pays, où les Israelites sont établis, ils les recitent aussi, car ce qu'on ajoute n'est point la priere fondamentale, et pour cette cause il y a beaucoup de divers rits dans chaque pays et chaque ville, et même dans une ville on a la coutume de reciter au Beth Hamedrach des pseaumes qu'on ne recite point dans le Beth Hacneseth, maison d'assemblée; par exemple les pseaumes 30 et 86, et le chapitre Kithoreth et plusieurs autres connus à beaucoup de Juifs. Et qu'ai-je d'être prolixe et fati- guer les Seigneurs. |: Dieu voudra aggrandir leur gloire :| parce que c'est deja depuis longtems que 71 об. les livres à prieres suivant la cabale sont imprimés: deux éditions à Ams- terdam sous la censure et avec le con- sentement des Rabins d'Allemagne et d'Hollande, deux editions à Solkowa et une edition à Leopol avec le con- sentement des Rabins dans les provin- ces de l'Empereur Romain, qui per- mettoit de les imprimer et de reciter les prieres. Je repete que l'augmenta- tion n'est point chez nous le principal; le principal est la ferveur du couer, car Dieu misericordiex ne pretend que le coeur, et c'est la fin et le but de l'homme d'avoir le coeur bon et pur.

16 Sur la science de la cabale on a écrit et imprimé en chaque generation beaucoup des livres, parce qu'il se trouve parmi nous dans chaque generation des caba- listes, qui composent des oeuvres sur la cabale et les font imprimer, qui se trou- vent sous la main de tout Israel, comme aussi chez moi, mais comme c'est une chose averée, que quoiqu'il y a des livres composés sur chaque art il n'y a pas un homme qui s'en soit instruit sans avoit eu un maitre pour les premiers principes, et après cela il est en état de profetes des livres; c'étoit aussi le 72 cas avec moi-même, ayant vingt ans durant le tems que j'ai demeuré à Witebsk, je voyagois à Meseritz, et là j'avois fait le premier pas pour apprendre la cabale chez le feu Rabin Ber, mort depuis plus de 25 ans; et depuis ce tems j'ai étudié moi seul quantité de livres cu- rieux, composés tant de premiers que de derniers cabalistes, selon mon esprit et ma capacité; mais le contenu de mes sermons, que je tiens devant la foule pour la plupart ce sont des propos ordinaires et connus pour que tous les auditeurs puissent las entendre, et si le hazard me fait parfois citer quelques passages legers de la cabale, ce sont des lieux qu'on peut comprendre et éclaircir à ceux qui ont deja étudié quoique peu dans les livres cabalisti- ques qui se trouvent entre les mains d'un chacun, et encore ce sont des passages, qui produisent quelque effet pour aimer et craindre Dieu, pour ob- server ses commendemens et pour prier avec ferveur du fond de son coeur, et quoique je ne sais pas, s'il importe aux seigneurs de savoir cette narration, mais la necessité m'y oblige. Après avoir été questionné par les seigneurs 72 об. de qui j'ai reçu mes sermons? C'est à cause de cela que je viens d'exposer, que le fond de mes sermons est tiré de ce que j'ai puisé dans ces livres; même le peu que le hazard me fait dire se trouve dans les livres imprimés, et que mes premieres études chez le dit rabin étoit aussi dans les livres cabalistiques imprimés.

17. La science de la cabale que j'ai étudié chez le dit rabin, et dont j'ai depuis fait l'étude seulement dans les livres, c'étoient les suivants:

(les dix premiers principes) Esser Zephroth et leurs appellations, com- ment par eux Dieu regit et vivifie les mon- des superieurs et d'enbas. (la porte lumineuse) Chaarée Aurah le paradis des grenades ou millegraines) Pardes Rimonim (la rosée fertile) Cheffa Tal (l'arbre vital) Etz haym

et tous les autres livres, dont je suis las de gardes les titres dans ma memoire, excepté seulement la celebre Sohar qui est le de- vancier de tous les livres cabalistiques_ Il y a encore une partie des gens, qui par (Magie blanche et noire) erreur appellent du nom de cabale l'exor- cisation |: evocation :| des anges Saints ou non saints, pour faire ou produire des miracles, mais moi je n'ai point vu aucun livre qui traite ce sujet, et jamais vu un homme qui l'effectue. Seulement j'ai oui dire, que les premieres generations, 73. le savoient; aussi le feu rabin ci-dessus men- tionné n'a rien sçu de cela; aussi cette science n'aboutit-elle à rien au service de Dieu.

18. Tous les gens qui arrivent ici pour entendre mes sermons, que je preche plusieurs fois en l'année au jour de Sabath, soit dans la maison d'assemblée, soit dans le Beth Hamendrach; depuis le tems que je suis nommé predicateur à Lozna il y a quinze ans, tout ce mondeest obligé de partir d'abord que le Sabath finit, car je ne leur permets par l'entrée de ma chambre en aucune maniere, sinon que ce soit pour quelque grand interet, ou pour de- corder de grands differents et querelles, d'argent qu'eux mêmes ne peuvent arranger tout à fait sans moi, ou que ce soit à decider des grandes difficultés dans les loix, s'ils sont permis ou defendus, des cas de divorce ou fian- cailles etc.: on envoye chez moi des autres villes à cause que j'ai etudié beaucoup de livres des autres prédicateurs et rabins, mais de tous ceux qui entrent chez moi, je ne prends jamais ni argent ni la moindre chose precieuse; mais il est possible, que les gens que je reconcilie et accorde entr'eux, dès qu'ils_ retournent dans leurs domicile, 73 об. m'envoyent selon leur bon plaisir, et sans que je le leur demande; je gagne ma vie par le negoce, car je paye au corps des marchands |: Guilis, soures ou sores :| et ma femme trafique en grains tant sur le marché de cette ville qu'en d'autres villes et places; encore a-t-elle une maison en propre sur le marché, où elle tient un cabaretier et fait la vente des liqueurs, de la bierre et d'autres boissons, du sel etc; cela porte assez de roubles par semaine, selon qu'il plait à Dieu. Eussi ai-je du fond public à Lozna un revenu fixé de quelques roubles par semaine, comme c'est la coutue de toutes les villes de payer le predicateur, et cela suffit à mes depenses ordinaires; car Lozna est petite ville, où tout est à bon mar- ché, aussi cela est-il une raison, pour- quoi j'y demeure et non dans une grande ville. Touchant l'habillement je n'aime point les habits precieux, comme on peut s'en appercevoir par l'habillement que je porte toujours. Quelque fois il arrive bien qu'on m' envoye des autres villes pour me sou- tenir dans des depenses extraordinaires, où quand ma femme n'a pas assez gagné à son negoce, mais ce n'est 74. jamais du fond public; ce sont toujours des particuliers qui se cotisent et me l' envoyent de leur propre volonté, sans que je le leur demande, car c'est la coutume dans Israel de nourrir ceux qui étudient nuit et jour, quand même qu'ils ne prechent point. Les jeunes gens, fils ou beaux fils qui sont encore sous la protection de leurs parens, ne m'envoyent jamais rien, pas même une obole, à la sourdine, Dieu garde! car si j'aimois l'argent, les parens me donneroient des sommes immen- ses, mais Dieu sait et tous ceux, qui me connoissent depuis ma tendre jeunesses, temoigneront que je ne suis point avide d'argent, et que je ne l'accumule qu'autant et pas plus qu'il est necessaire pour la vie hu- maine; et pour le necessaire j'en ai suffisament sans prendre de la jeu- nesse. Encore je declare à tout le monde, que qui viendra me dire que son fils ou son beau fils lui a volé et me l'a envoyé, ou une femme, que son mari lui a volé et me l'envoya, je le leur payerau au double et quadruple, quant ils l'affiremeront par devant la justice selon la coutume usuelle 74 об. parmi les Juifs, car je sais que mes mains sont pures et devant Dieu et devant Israel.

19 Les pauvres qui arrivent souvent pour ouir mes sermons les jours du Sabath, et qui n'ont de quoi payer leur nour- riture, mandient auprès de riches de petites aumônes pour le payer, mais d'abord après le Sabath ils s'eloignent et retournent chez eux.

20 Il y a en Palestine quatre grandes com- munités des Juifs à Jerusalem, Tiberias, Zephas et Hebron, outre ceux qui de meurent dans la campagne; ce sont des gens assemblés de tous les pays; ils n'ont aucun negoce ni travail, ne font que prier et étudier, et n'ont d'autre moyen pour vivre qu'en envoyant des messages dans tous les pays pour faire des collectes, et pour demander des dons gratuits à chacun des riches, qui a le coeur assez magnanime pour les assister selon sa bonté. Ces messages portent des temoignages signés et scellés par les plus celebres qui de meurent en Palestine, et dont la si- gnature est connue dans les pays où ils vont, et c'est la coutume des pais tout tems, et telle est chez nous la loi de nourrir et soutenir le pauvres 75. en Palestine pour qu'ils prient là pour tout Israel. Ces messagers en quittant la Palestine se separent pour aller dans les divers pays. Il y en a qui vont en Allemagne, en Hollande et sont nourris par les Allemands et les Hollandois, qui s'y trouvent, car quand même qu'en partant de leur patrie ils avoient apporté des richesses en Palestine, mais les ayant distribuées aux autres, et comme depuis ils ne pouvoient plus rien ga- gner, ils sont devenus pauvres aussi. D'autres vont dans lo ci-devant Po- logne; dès qu'ils arrivent en quelque ville ces messagers, ils produisent leurs attestats aux rabins et aux premiers habitans; alors le rabin écrit aussi une supplique qu'on nomme interception, pour eveillir grande mi- sericorde dqns les coeurs des riches pour les pauvres en Palestine, pour faire valoir dans les yeyx du peuple cet oeuvre pieux en ce que tout Israel dans tous les lieux où ils sont établis adressent leurs prieres et s'inclinent absolument du côté de la Palestine, car là est la porte du ciel; aussi trouve-t-on beaucoup de livres qui traitent sur les preferences de la 75 об. Palestine et sur la louange de ceux, qui soutiennent et nourrissent ses habi- tans; ainsi chaque rabin écrit dans un stile selon sa capacité, selon son esprit et selon la netteté de sa langue, puis il delivre cet écrit au messager pour faire le tour dans les villes de son diocèse; quand ce messager rencon- tre sur sa route un autre rabin, on lui donne encore un tel billet, et ainsi il fait de cette façon le tout des provinces jusqu'à ce qu'il retourne en Palestine.

21. Tout cela je l'ai vu de mes propres yeux chez un de ces messagers, passant par notre province sur son retour en Palestine, qui avoit plusieurs pareils écrits des rabins allemands et Hollan- dois, comme de ceux de Berlin, Ham- bourg, Francfort sur le Mayn et aussi des rabins de la ci-devant Pologne entière et d'autres pays, comme tout cela est un fait connu et sçu publi- quement dans la Russie blanche. Ainsi moi aussi je n'ai pas manqué d'écrire quelques fois de tels livres ou écrits d'interception au messager qui faisoit le tour dans cette province et aux environs pour eveiller la mise- ricorde, la bonne volonté et les grâces 76. du public sur nos freres qui sont en Palestine, mais non point comme des ordres exprès pour leur commander de telles contributions, au contraire je les invitois par prières et supplications, que celui qui vouloit m'écouter - bon, et celui qui ne le vouloit pas - non, car c'étoit seulement pour faire savoir que c'est un devoir suivan nos loix que de s'en point exclure; car plu- sieurs proches et parents des habitants de la Russie blanche et de ses envi- rons, se trouvent en Palestine, ayant quitté le pays étant encore sous la do- mination de la Pologne; après ce tems beaucoup di district de Bisziçxowiez du tems qu'il étoit à la Pologne, partirent pour la Palestine, et suivant notre loi c'est un grand devoir pour nous de nourrir ses proches comme écrivit le Prophete Isaia: „et tu ne te cacheras point de ton parent", et dans les livres de Moyse il est écrit: „quand "il sera parmi vous un pauvre de "vos parents etc." et encore: „tu ouvri- "ras et reouvriras ta main" etc. Et par ses graces et sa misericorde notre très gracieux Empereur nous a confir- mé la permission d'observer nos 76 об. loix dans leurs forces sans relaxations. Tous les Juifs sont dans l'assurance de pouvoir observer la loi en toute sa vigueur.

22 C'est la coutume depuis tout tems et même a present qu'il arrive deux messages de la Palestine dans la ci-devant Pologne, dont l'un fait le tour en Volhy- nie; en L'ukraine et dans ses environs, l'autre fait le tour de la Russie blanche et dans une partie voisine de la Lithua- nie; mais ppour les autres parties de la Lithuanie, comme Sluck, Pinsk, Minsk Slonim, et autres villes tant grandes que petites, le messager destiné pour la Volhy- nie y envoiye un commissaire pour faire la quête qui la lui apporte à Brody. Les habitans de Wilna envoyent aussi leurs offrandes en Palestine semblable aux autres Israelites; seulement je ne sais pas s'ils les donnent à ce commis- ssaire, ou s'ils l'envoyent directement en mains du messager de la Palestine, ou s'ils l'envoyent par les |: banquiers :| negociants à Brody et de là à Con- stantinople.

Avec tout cela je ne sais, en quoi j'ai peché ou suis devenu plus cou- pable que les autres Israelites, qu'ont 77. la coutume de faire le même depuis tout tems avec la plus grande confiance dans les graces de notre très gracieux Empereur._ Fut-ce à cause qu'on pre- sume que les jeunes gens ont pour cette fin volé leurs pères ou beaux pères, ce n'est pas ma faute, ce n'est moi seul qui ait donné de tels écrits au messager, il y en a plusieurs autres rabins qui le font sans avoir absolu- ment besoin du mien, et encore serois je coupable de cela? Mais je ne les ai point incités de voler, Dieu garde, et pourtant si quelqu'un vouloit affir- mer cela par serment je m'offre de rem- bourser au double; mais moi, et toute la province sait que ce n'est pas le cas.

Si cela est contraire aux volontés de notre très gracieux Empereur, je me garderai bien à l'avenir, et Dieu garde que je remue un doigt pour écrire un seul caractere pour composer une lettre d'intercession, et pour le passé je me prosterne, confiant, suppliant les graces et la misericorde de notre très gracieux Empereur qui sait par- donner.

77 об.

Le quidam de la ville Wolpe est connu et celebre à tout le monde qu'il vouloit par force être un très grand rabin, et qu'on vient de toutes les villes pour ouir ses sermons et qu'on lui donne beaucoup d'argent, disant qu'il preche mieux que son collegue et citoyen le rabin Solomon. Il a fait le tour en plusieurs villes, où il a beaucoup preché et pretendoit de grandes sommes; mais à cause qu'on le recevoit rabin et qu'on ne lui donnoit tant qu'il vouloit, son coeur se pervertit en haine, il alla à Wilna. Avec flatterie et douces paroles il a cru attraper beaucoup d'argent, mais comme aussi là on ne lui donnoit pas selon sa volonté, il en partit il y a déjà très longtems, l'ame chagrinée et n'y revenoit plus.

Rabin Aaron deceda passé 25 ans. Rabin Solomon de même il y a long- tems, et je ne sais pourquoi on fait mention d'eux à moi, qui n'étois jamais chez eux.

Les autres points, j'y repondrai de vive voix Salomon fils Baruch

78.

Memoire très abregé pour les sei- gneurs, par lequel je les supplie de me traiter avec grace et misericorde - de dire à celui qui le traduit en langue Russe, de me faire lire le brouillon avant qu'il soit presenté en blanc.

1 Документ может быть датирован 31 октября или (более вероятно) 1 ноября 1798 г. по письму Булгакова Лопухину об отправке данного перевода - см. 058. Распоряжение о выполнении перевода было получено Булгаковым 28 октября - см. 055.